Libre ?

Invit_Libre21-22mai_UCPL

REFLEXION SUR LE THEME LIBRE 

INTRODUCTION

Si on devait définir la quête la plus recherchée, ce serait sans aucun doute celle du bonheur. Et si on devait décrire, humainement parlant, l’élément le plus indispensable de ce bonheur, nombreux parleraient de la liberté.
Un héros de guerre du siècle dernier définissait cette liberté comme étant l’oxygène de l’âme. Le réformateur Calvin décrivait la liberté comme ayant plus de valeur que la moitié d’une vie.

En France et dans de nombreux pays, la fête nationale est la célébration de l’indépendance, de la conquête d’une certaine liberté. Une liberté qui souvent a coûté chère. La Révolution et les guerres de l’Empire de 1789-1815 en parlent de manière intransigeante : au bilan, 2 millions de français ont perdu la vie. Le prix de la liberté, indispensable pour le bonheur, est élevé. Pas étonnant que la couleur la plus répandue sur les drapeaux nationaux soit le rouge.

L’humanité tout entière aspire à connaître la liberté, à posséder ce pouvoir de choisir le meilleur pour soi-même et pour son entourage. Et c’est pour répondre à ce besoin que Jésus a payé le prix le plus élevé. Il a porté le poids des fautes du monde sur une croix. Il a enduré le jugement de Dieu pour que toutes les chaînes liées aux imperfections humaines soient brisées ; pour que tous ceux qui mettraient en lui leur confiance connaissent une liberté à l’échelle de la grandeur de Dieu. Une liberté face à la finitude, face à la honte, face à la peur, face à l’échec. Une liberté digne des amis du Fils de Dieu.

I. LIBRE D’ÊTRE

1. LIBRES D’ÊTRE AMOUR

« L’amour ne fait pas de mal au prochain; l’amour est donc l’accomplissement de la loi »

Romains 13.10

Contre l’amour, il n’y a pas de loi disait l’apôtre Paul (Galates 5.22-23). L’amour est au-dessus de la loi. Aucune règle, aucune prison, aucune mesure ne peut l’arrêter. Celui qui prend plaisir à aimer est celui qui connaît la plus grande liberté.

La liberté, c’est la possibilité de repousser des limites. Et avec Dieu, la possibilité d’aimer est immesurable. Refléter l’amour de Dieu est la plus grande victoire que nous puissions avoir sur la finitude de l’homme.

La Bible nous dit que le monde a été créé par amour. Il a été créé pour le Fils, Jésus Christ, en cadeau. Un monde créé pour lui (Colossiens 1.16), lui l’héritier de toutes choses (Hébreux 1.2), en qui, un jour, toutes choses sur Terre et dans les cieux seront réunies (Éphésiens 1.10). C’est dur de s’imaginer un amour assez puissant pour créer un univers. Avant la fondation du monde, le Père aimait le Fils (Jean 17.24). Et ce même amour que le Père a démontré pour le Fils, il souhaite aussi nous le montrer avec la même intensité (Jean 17.26). Dieu nous dit qu’il nous aime gros comme l’univers, puis ensuite nous demande de l’imiter. Et c’est certain, on ne peut pas l’imiter en se limitant.

Je m’imagine souvent l’amour de Dieu comme une grande chute d’eau d’un kilomètre de long. Et je m’y vois en-dessous avec mon petit verre d’eau, essayant d’y recueillir au maximum de ces flots. L’amour de Dieu permet d’accomplir le surnaturel. D’aimer des ennemis. De donner de façon sacrificielle. De pardonner. De s’oublier pour mettre les autres en avant. D’être un mari, une épouse, un enfant, ou un ami fidèle, qui cherche le bien de son entourage, qui prend plaisir à servir, qui ose prendre des risques parce qu’il en est capable avec l’aide de Dieu.

Par l’amour, nous avons de quoi repousser bien des limites. En Jésus-Christ, il existe une vraie liberté.

2. LIBRES D’ÊTRE FIERS

« que celui qui veut éprouver de la fierté mette sa fierté dans le Seigneur »

1 Corinthiens 1.31

La vraie liberté, c’est de vivre en étant soi-même, sans masques, sans façade, sans faux- semblants. La plus grande liberté n’est pas simplement liée au pouvoir de faire, mais surtout au pouvoir d’être. Si je suis fier de qui je suis, alors je peux agir avec confiance, avec courage, avec ambition. Si j’ai honte de qui je suis, me voilà démuni de ma liberté.
Un des plus beaux cadeaux que Jésus donne à ceux qui deviennent ses disciples, c’est le partage d’identité, d’une identité dont on peut être fier.

L’homme au départ a été créé à l’image de Dieu (Genèse 1.28). Il a été créé pour être beau dans tous les sens du terme : dans sa créativité, sa singularité, son expression, ses émotions, sa moralité, sa personnalité. Cette beauté a été en grande partie corrompue suite à la désobéissance d’Adam et Eve dans le Jardin d’Eden. En choisissant une certaine indépendance au Créateur, nous nous sommes retrouvés à perdre la plus belle facette de notre être, son image.
Mais cette image de Dieu, Jésus la renouvelle en nous, de gloire en gloire (2 Corinthiens 3.18). Lui qui a montré la beauté humaine au plus haut degré nous donne aussi les moyens de la refléter. Plus nous nous rapprochons de Christ, plus sa grâce nous transforme de l’intérieur, révélant nos fautes et faiblesses, et nous donnant les moyens de changer. Et ainsi nous nous rapprochons de l’identité que notre Créateur désire pour nous : celle où la beauté la plus riche se trouve dans le simple fait d’être soi-même.

Quand on lit les lettres de Paul, on voit en lui une grande humilité. Pourtant il s’avère aussi être un homme très fier. Son identité, c’est son trésor. Il s’en vante. Il est fier de son Dieu, il est fier de sa famille spirituelle, il est fier même de ses faiblesses. Le résultat, un homme dont le potentiel humain fut développé au maximum, qui changea le cours de l’Histoire. En trouvant sa fierté en Dieu, il put repousser toutes les limites liées à la honte.

En Christ, notre potentiel humain est pleinement révélé. Notre dignité est révélée, et nous sommes libres d’ouvrir de notre Être toutes les fenêtres.

3. LIBRES D’ÊTRE EN VIE

« Puisque ces enfants ont en commun la condition humaine, lui-même l'a aussi partagée, de façon similaire. Ainsi, par sa mort, il a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable, et libérer tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l'esclavage.»

Hébreux 2.14-15

Celui qui a mis sa confiance en Jésus n’a pas besoin de craindre la mort. Celle-ci a été vaincue, et n’est plus qu’un passage vers une réalité meilleure. Le disciple de Jésus n’a pas besoin d’être asservi à la crainte de la mort, ni à la crainte de perdre le contrôle de sa vie, car il sait quelles mains le portent.

La liberté que Jésus offre, c’est la possibilité d’une vie sans peur, sans anxiété. Une vie où chaque moment peut être pleinement apprécié à sa juste valeur, même quand les circonstances sont difficiles, parce que la fin a déjà été écrite, et c’est la vie éternelle.
Jésus disait : « je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance » (Jean 10.10). Qui d’autre peut mieux faire connaître la vie abondante que l’inventeur de la vie ? Qui d’autre peut mieux combler que l’inventeur du plaisir ?
Jésus nous offre ce qu’il y a de meilleur de la vie, en quantités qui ne peuvent se mesurer : la paix la plus profonde, la joie la plus authentique, l’amour le plus concret, la grâce la plus douce, la puissance la plus efficace, un avant-goût de la gloire la plus majestueuse.
Les frontières des pâturages abondant n’ont toujours pas été défrichées.
Sans peur de la mort, ni des circonstances, le disciple de Jésus peut s’investir sans regrets dans ce qui compte vraiment.

4. LIBRES D’ÊTRE VICTORIEUX

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ »

Romains 8.1

Ça ne prend qu’une seule chaîne pour attacher une personne. Qu’un seul péché pour être asservi. Mais qu’un seul Sauveur pour être libéré.

La seule liberté que connaît un être humain, c’est d’exprimer sa nature. Sans l’œuvre de Jésus qui change de l’intérieur, l’homme ne peut être que l’esclave de ses passions : l’immoralité, l’avidité, l’orgueil, ou l’égoïsme (4 mots qui décrivent l’histoire de l’humanité !). Certes l’homme a été créatif dans l’expression de ces passions ... mais pour quelles fins ? Chercher à être comblé sans Christ c’est de se désaltérer à l’eau salée. Les passions ne peuvent jamais satisfaire.

Jésus offre une autre voie. Le pardon. Le changement. La victoire. Là où nous sommes faibles, il promet son soutien. Malgré nos chutes répétées, il sait nous mener à la réussite. À la croix il a déjà payé le prix de nos échecs. Il les a surmontées, et il peut nous guider à devenir meilleurs.

Dans ce monde aux relations brisées, aux ambitions cachées, aux opinions écrasantes, à l’égoïsme quasi omniprésent, Jésus donne la liberté d’être différents. Il donne la possibilité de sortir de la fatalité qui dit : « je suis né comme cela, ces défauts, c’est qui je suis ». En lui, la puissance de sa grâce nous fait dire « Je suis une meilleure personne qu’hier. Et demain, ça sera encore mieux ».

II. LIBRE DE S’EXPRIMER

1. LIBRE DE S’EXPRIMER DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI

“Avez-vous l’oreille religieuse ?”

Pour certains penseurs contemporains, la distinction entre athéisme (ceux qui nient l’existence de Dieu) et théisme (ceux qui affirment l’existence d’un Dieu) est dépassé. La question de l’existence de Dieu n’aurait selon eux plus aucun intérêt et il faudrait à présent parler de la foi comme d’une expérience “artistique” parmi d’autres.

L’un des athées les plus virulents de notre époque, Richard Rorty, écrit ainsi que “l’on peut ne pas avoir l’oreille religieuse, de la même manière qu’on peut être inconscient de la beauté de la musique.” Concrètement, cela veut dire, pour Rorty, qu’il serait complètement inapproprié de parler de religion à des gens qui n’en voit tout simplement pas l’intérêt.

Or, notre société, ne serait-elle pas pour partie définissable par ce manque d’attrait pour l’expérience spirituelle ? Dès lors, est-on libre de parler de Dieu à ceux qui n’ont pas « l’oreille religieuse » ?

Le dilemme n’est qu’apparent. C’est un problème de définition. La religion n’est pas réductible à une expérience artistique, ou à une manière de s’épanouir.
Que penser ainsi d’un sourd qui dirait que l’unique côté négatif de sa surdité, c’est l’impossibilité d’écouter de la musique ? On le prendrait pour un fou ! Entendre le klaxon d’une voiture, où la sirène de l’alarme incendie peut se révéler crucial pour éviter un danger.

Il en va de même ici. Réduire les effets de la surdité spirituelle au simple désagrément de ne pas pouvoir savourer la 9ème symphonie de Beethoven ou le dernier album de Justin Bieber est au mieux inconscient, au pire malhonnête.
En tant que chrétien, Nous croyons qu’un danger plus grand qu’un camion à pleine vitesse ou qu’un bâtiment en flammes, guette nos contemporains : la mort éternelle. Et il ne suffit pas de ne pas entendre le danger de la séparation éternelle avec Dieu pour en être soustrait.

N’en déplaise donc à Rorty, ce n’est pas d’oreille religieuse, mais bien de surdité spirituelle dont il faut parler.

Proclamer l’évangile, c’est laisser Dieu nous utiliser pour opérer des guérisons miraculeuses : de la même manière que Christ, avant sa crucifixion, guérit l’oreille tranché du serviteur de Caïphe. Il faut prier pour que Christ vienne par le Saint Esprit, guérir et soigner la surdité de nos contemporains. Mais pourront-ils entendre ce qui n’est pas proclamé, pourront-ils être guérit par celui qu’il ne connaisse pas ?

La liberté d’annoncer l’évangile devient notre responsabilité, de collègue, d’ami, de lyonnais, d’homme ou de femme.

« Parle, ne te tais pas ! » : que l’écho de cette parole de l’Eternel à Paul retentisse sur les flancs de la colline de Fourvière, sur la Place Bellecour et surtout dans nos cœurs. Pour Sa gloire.

2. LIBRE DE S’EXPRIMER AVEC LES LOIS D’AUJOURD’HUI

Il y a quelques années, j’ai assisté à une scène tout à fait singulière. Je participais à une semaine d’évangélisation à Lyon. Nous étions, pour un après-midi, sur la place de la Gare Part Dieu. Sur une estrade de fortune, un groupe de musique chrétien jouait, tandis que nous allions parler aux gens que nous rencontrions. Alors que la foule s’était amassée pour écouter le concert improvisé, voilà qu’un de mes amis prend le micro et commence à raconter son témoignage. Un malaise s’installe. Certains s’en vont, d’autres restent. Soudain, un homme très agressif nous interpelle en nous demandant de nous arrêter. Dans mes souvenirs, il parlait de laïcité, d’interdiction de parler de religion. J’étais tétanisé.

Étions-nous, comme il semblait le dire, en train d’enfreindre la loi française ?
Être libre de parler de notre foi avec les lois d’aujourd’hui, c’est avant tout comprendre quels sont nos droits et nos devoirs.Voici donc 3 outils qui pourront vous être utiles pour organiser au mieux vos activités, et peut-être, pouvoir répondre à ceux qui vous accuseraient l'illégalité.

a. La France a signé la Convention Européenne des Droits de l’Homme, qui protège la liberté de conscience, de religion et d’expression

La France signe des Traités internationaux, c’est-à-dire des accords qui réunissent un ou plusieurs pays. Ces accords, dans le droit français, sont les sources du droit les plus importantes. Cela veut dire que, par exemple, si une Mairie prend une décision contraire à un traité international, alors le juge doit annuler la décision du Maire.

La France, en 1950, a décidé, comme bon nombres de pays européens, de signer la CEDH (Convention Européenne des Droits de l’Homme). Ce traité force la France à respecter un certain nombre de règles. En cas de non-respect, un Tribunal (la Cours Européenne des Droits de l’Homme) peut condamner la France, ou n’importe quel autre pays qui a signé la Convention.

En quoi la CEDH nous intéresse-elle ? C’est très simple. L’article 9 concerne directement la liberté de pensée de conscience et de religion :

« Art. 9 : Liberté de pensée, de conscience et de religion
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce

droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques

et l’accomplissement des rites.
2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

Les articles sont en eux-mêmes assez clairs.
En France, un chrétien a le droit de croire ce qu’il veut, et de le partager librement, sous réserve que ce partage ne soit pas contre la liberté et les droits des autres.

Mais, concrètement, ai-je le droit d’essayer de convaincre mon prochain, en allant lui parler, alors qu’il est assis sur un banc ou qu’il attend le bus ? N’est-ce pas une atteinte à ses libertés ? La Cours européenne des Droits de l’homme a été confronté il y a cela quelques années à un cas de ce type. En Grèce, un couple de témoins de Jéhovah a été accusé de “prosélytisme” (c’est à dire d’une démarche agressive dans le but d’une conversion) pour avoir entamer une discussion autour de la Bible.

Pour la Cours, la réponse fut clair, l’article 9 “comporte en principe le droit d’essayer de convaincre son prochain, par exemple au moyen d’un “enseignement”, sans quoi du reste “la liberté de changer de religion ou de conviction”, consacrée par l’article 9 (art. 9), risquerait de demeurer lettre morte. » (Arrêt de la Cours de Mai 1993 dans l’affaire Kokkinakis contre Grèce).

b. La liberté d’expression ne veut pas dire qu’une église ou une association peut organiser sans prévenir personne, n’importe quelle activité sur une place publique.

Ce n’est pas pour des raisons de laïcité, mais bien de sécurité et d’ordre public. Pour organiser une activité dans un espace public, il faut respecter un certain nombre de règles: notamment demander l’autorisation du Maire au moins 1 mois avant l’organisation de l’évènement (dans le cas où l’espace ne dépasse pas les 300m2)

c. La liberté d’expression est restreinte, par l’interdiction de discours de haine.

Ces derniers temps de nombreuses affaires de “discours de haine” ont défrayé la chronique. Christine Boutin, la présidente du parti démocrate-chrétien (PDC) a été par exemple condamnée à payer 5000 euros d’amende pour « provocation publique à la haine ou à la violence », après avoir affirmé que l’homosexualité était une « abomination ».

La liberté d’expression est strictement encadrée par la justice française, et semble se diriger vers une systématisation de la condamnation des propos jugés « homophobes ». Il est donc important de garder cette tendance à l’esprit, et d’éviter, dans la mesure du possible, toutes tournures de phrases maladroites ou provocations inutiles.

CONCLUSION

Voltaire affirmait : « Les Français ne sont pas faits pour la liberté. Ils en abuseraient. » Soyons d’accord avec lui pour cette fois. De cette liberté que Christ offre, qu’on en abuse ! Qu’on en jouisse à outrance ! Qu’on en profite, qu’on la partage, qu’on la sonde, qu’on en recherche les frontières et explore les limites !

Il n’y a pas de vraie liberté sans Christ. Lui seul donne les moyens de surmonter notre finitude, notre honte, notre peur et nos échecs. Il est le seul Sauveur.

Auteurs : Cyril P. & Philippe V. Pour Un coeur pour Lyon 2016

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